Le premier cirque amateur de France

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le 60eme

mercredi 29 octobre 2014, par Frédéric Helleux

Des anciens du Cadets’ Circus étaient venus, pour ce spectacle du soixantième prêter main forte à leurs cadets et leurs prestations, reprises de celles qu’ils réalisaient naguère, furent aussi appréciées que justement applaudies.
C’est ainsi que le charivari des « petits » marins (dixit le programme) enlevé avec brio par dix « anciens » nous valut une belle succession de pyramides et de sauts au tapis et que Jor’Ann (de la promotion 1953) réalisa, en toute décontraction, avec une jeune partenaire de difficiles équilibres sur chaises. On avait auparavant applaudi, contorsionnistes ou équilibristes sur boules, quelques artistes de la toute dernière génération.
Le Trio Norton donna une parodie des gymnastes des années 1930, travail au sol d’un bon niveau, accompagné par une musique bien choisie. Cascadeurs comiques, les Bernados ne manquent ni d’humour, ni d’agilité.
La première partie prenait fin avec les Robertos, spécialistes des échelles aériennes. Ce genre de travail s’est souvent retrouvé au programme du Cadets’ Circus . II exige de sérieuses qualités athlétiques et sa difficulté implique des risques évidents, alors même que les artistes témoignent – et c’est le cas des Robertos – d’une sûreté d’exécution rassurante pour le spectateur. Il reste bien que le Cadets’ Circus ne néglige pas cette spécialité acrobatique, trop rarement vue au cirque depuis pas mal d’années déjà.
C’est d’ailleurs un des charme du Cadets’ Circus que de faire revivre des numéros plus ou moins oubliés ou qui ne sont plus à la mode du jour. Ainsi en va-t-il de l’importance qu’il accorde au travail « du tapis » - comme le fait dans son cirque Annie Fratellini - , aussi essentiel pour la survie de l’art du cirque que peut l’être le maintien de l’art clownesque. Dans ce domaine encore, le Cadets’ Circus s’efforce, sinon d’innover, du moins de rajeunir les entrées traditionnelles, dont certaines prennent sous son chapiteau figure de nouveautés.
En deuxième partie, un ancien de la promotion 1977 donnait un numéro de corde, sensiblement identique à celui qu’il présentait il y a 10 ans, mais demeuré fort bon. Travaillant eux aussi sous la coupole du chapiteau les Jandanys (Jean Leroy et Daniel Hibert) fournissaient à la perche aérienne un travail très professionnel.
La jeune génération et les « jeunes anciens » - j’entends par là ceux qui parurent dans les spectacles des années précédentes ou dans celui de mai dernier – étaient nombreux au programme et c’est avec le même plaisir que je revis Isabelle Savignac au trapèze Washington, Valérie dans un excellent numéro de contorsion, Rick, (Eric Savignac) grimpé sur piédestal, s’équilibrant sur des briques et les Devotchka juniors dans leurs exercices acrobatiques . Et je n’aurai garde d’oublier Christine Perin et Karine dont le travail de main à main n’est pas sans rappeler celui des Alexis Sisters, ce qui n’est pas un mince compliment.
Contrairement à l’habitude, le spectacle se termina par la présentation des artistes de la jeune génération. Il y eut un gâteau d’anniversaire, amené sur la piste, et couronnement d’une représentation mémorable, un moment d’émotion lorsque la médaille de la Jeunesse et des Sports fut remise à Jean Daleine, fidèle entre les fidèles, professeur d’acrobatie au Cadets’ Circus depuis de nombreuses années.
C’est peut-être la plus belle image que je retiendrai de cette soirée, cette récompense ayant valeur symbolique , puisqu’elle évoque le travail acharné et désintéressé, d’une équipe d’amoureux du cirque… et du travail bien fait.

1987, le cirque d’Étréchy a beaucoup changé. Travaillant sous son second chapiteau (2 mâts, 30 x 40 m), équipé de moyens techniques modernes, il est réputé pour la qualité de sa présentation. Les filles, qui n’y avaient pas droit de cité à l’origine, et qui y sont entrées, presque sur la pointe des pieds en 1973, sont maintenant majoritaires, et ont apporté le charme, la grâce et un certain dynamisme.