Le premier cirque amateur de France

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la liberation

mardi 28 octobre 2014, par Frédéric Helleux

Bien reparti en 1942 avec Lucien Collinet et René Genty, le cirque avait dû cesser son activité en 1944 en raison de la surveillance dont il était l’objet de la part de l’occupant. De toutes façons, il n’aurait pu se déplacer, car tout ce qui bougeait sur les routes risquait de se faire mitrailler par les patrouilles aériennes alliées.
Mais dès la libération il avait repris son essor, les combattants et les prisonniers étaient rentrés : le Père André avait accroché sur un mur de la salle la citation qui avait valu à Jean Daleine une croix de guerre dangereusement méritée dans les corps francs et celle qui rappelait comment André Coustans avait courageusement gagné la sienne au cours des combats pour la libération de Paris. Le Père lui-même, qui militait au sein du réseau Libération-Nord, avait échappé à une arrestation devenue parfois imminente. A deux reprises Marcel Daniel s’était volatilisé à la barbe de la Gestapo, échappant, la seconde fois, à la fusillade qui devait coûter la vie à l’Abbé Thomas, frère de Madame Lorgeron.
Ce fut l’époque des spectacles en anglais dans les camps de convalescence de l’armée américaine, accompagnés par de somptueux orchestres à la Glenn Miller. C’est à cette époque que la faute d’anglais fut corrigée le Cadet’s Circus (le cirque du Cadet) devient le Cadets’ Circus (le cirque des Cadets). En 1945 le Cadets’ Circus présentait un très honnête programme d’été de douze numéros et son programme d’hiver allait en comporter treize dont huit entièrement nouveaux.
Et en 1946, il visitait sept départements, parcourait 1500 kilomètres et jouait devant 100 000 spectateurs ; il faut avouer qu’il y en avait eu plus de 70 000 d’un seul coup dans un Parc des Princes bondé à l’occasion d’un rassemblement national des « Cœurs Vaillants ». Mais cela témoignait quand même d’une sérieuse activité.