Le premier cirque amateur de France

Accueil > Historique > 1997, le renouveau > la piste

la piste

vendredi 1er juin 2001, par Frédéric Helleux

Tous les ans les techniciens du cirque créent, modifient, ou adaptent pour les artistes les différents agrès du spectacle. A côté de cela ils réalisent aussi les évolutions obligatoires pour le cirque. Après les travaux d’amélioration des gradins et leur mise aux normes avec la fabrication des grilles de tour, les ateliers du cirque ont abrité cette année la construction d’une nouvelle piste. Non pas que l’ancienne n’était plus opérationnelle mais une certaine volonté de modernité était souhaitée.
Cette nouvelle piste donne de nouvelles possibilités au spectacle, maintenant, c’est aux artistes de savoir les utiliser...

L’ancienne piste : (1977 - 2001)
Tant que les spectacles avaient lieu en plein air avec le portique ou dans l’ancienne salle André Regnaut, la piste était simplement matérialisée par son tour. Mais, à l’arrivée du premier chapiteau, une véritable piste s’est imposée.

C’est en 1977 que Joseph Bouglione venu assister au spectacle suggère l’idée de construire une piste surélevée pour donner à tous les spectateurs une meilleure vision du spectacle.
La conception et la réalisation de cette piste est entièrement faite par les gars du cirque.

Il fallait une piste stable et qui puisse être horizontale sur tous les terrains (à l’époque le champ de foire était en herbe.). La piste ne pouvait donc pas se séparer de ses centaines de cales en bois et de son niveau (laser dans les dernières années).

Le temps de montage et la main d’œuvre nécessaires pour la mise en place de cette piste ont incité certains monteurs à trouver une nouvelle solution.

La nouvelle solution est arrivée en 2001 avec la piste auto portée pliante…

Patrick Le Saux conçoit les plans du plus important matériel réalisé par le cirque.
Un dossier de plus de 50 pages avec tous les plans est remis au bureau et, fin juin 2001, le budget est voté : l’année prochaine on construit une nouvelle piste.
Nos techniciens sont aussi de fins commerciaux, il font le tour des différents fournisseurs de la région pour négocier les tarifs et obtenir les meilleurs prix. Début septembre première livraison de matériel : l’arrivée dans les ateliers de dizaine de mètres de barres de fer de toutes sections. La piste est là...en tas dans la cour !
Rapidement, sous les baguettes de Patrick, Jean et François, le châssis prend forme.

Les trois essieux prévus initialement sont remplacés par six roues indépendantes ce qui s’avèrera très utile pour les nombreuses manœuvres ultérieures.
Ensuite, les soudeurs se relaient pour fabriquer les nombreuses grilles qui vont former la structure de la piste. Lorsque les soudures sont froides, les petites mains (François et Frédéric) meulent les bavures. Il n’y a que dans la tête de certains que la piste avance car il est difficile de voir où vont atterrir tous ces éléments. Le mécano géant a pris forme lorsque ces grilles prévues pour supporter le plancher sont fixées au châssis.

Au fur et à mesure de la construction des problèmes se posent mais très rapidement des solutions arrivent et la piste avance.
Les panneaux qui devaient se plier dans un sens se plieront dans l’autre, c’était facile à faire sur le papier mais difficile à réaliser ; les pièces fabriquées un jour et ajustées au millimètre ne vont plus la semaine suivante car le métal a joué suite à des soudures faites entre temps, il faut remeuler pour refaire les réglages...
En mars 2002 la structure métallique de la piste est enfin finie. Avant de poser le plancher, il faut entièrement dégraisser le métal pour le peindre. De nombreux litres de dissolvant sont appliqués et quelques pots de peinture sont étalés.
Il faut maintenant construire le système de levage des 6 panneaux.
Des arceaux vont supporter la vergue sur laquelle viendra se positionner la « chèvre », doux nom du système de levage.
Enfin le plancher vient d’arriver, il ne reste plus qu’à le fixer. Même si toutes les grilles ont été soudées à l’équerre, l’ensemble des grilles n’est pas toujours bien d’équerre. Le travail consiste donc maintenant à placer les planches du plancher en laissant le minimum de jeu possible.

D’un autre côté les soudeurs s’attèlent à la fabrication à la chaîne, des pieds de la piste. Là aussi on les dégraisse et on les peint.

En mai la piste voit enfin le jour dans la cour. Elle se plie, se déplie facilement et en plus elle roule !

Il ne reste plus qu’à peindre le parquet en noir et la piste sera utilisable.

Avant de la laisser aux mains et aux pieds des artistes, un membre du cirque, soucieux de la sécurité, a testé, au prix d’un peu de tôle froissée, la résistance de la piste à un choc violent de côté avec sa voiture. Le résultat a montré qu’il n’y avait aucun risque pour les artistes !

Essais de manœuvres dans la cour, tout se passe bien. Vérification obligatoire avant de prendre la route : la pression des pneus. Pour sortir des ateliers, la piste ne passe pas par la porte principale, on est obligé de passer par la sortie de service

Arrivé sur le champ de Foire la manœuvre est difficile, la marche arrière pour entrer sous le chapiteau. Avec l’aide de tout le monde, la piste fait ses premiers tours de roues sous le chapiteau.

A ce moment sous la toile chacun retient son souffle et ouvre grand les yeux.

La piste est positionnée mais il reste à l’ajuster par rapport aux poteaux, les discussions commencent ou recommence...

Tout le monde apporte son point de vue pour trouver les alignements avant de déplier la piste

Le dernier des 6 panneaux se déplie sans problème, la piste est parfaitement positionnée.
Il ne reste plus qu’à finir d’ajuster les pieds.

Maintenant les marques sont prise et le temps de montage s’est considérablement réduit.

Ils ont travaillé durant plusieurs mois, tous les week-end pour réaliser cette nouvelle piste. Il était normal que le cirque leur rende hommage. Ce fut fait le soir du premier spectacle, les cinq membres leader de l’équipe ont reçu les remerciements de l’ensemble des artistes et un trophée (entièrement construit avec des chutes de la piste)

le P pour Patrick Le Saux pour la réalisation des Plans
le I pour Jean Leroy pour les Idées ingénieuses
le S pour François Michelet pour les bonnes Soudures
le T pour Marc Huaut pour Technicien non qualifié (mais efficace ?)
le E pour Jacky Biche pour l’Equipier toujours là

Le cirque remercie aussi François Colinet, Jacques Espinasse, Philippe Peyrichon, Ingrid Leroy (à l’époque), Gérald Le Saux et Frédéric Helleux pour toutes les petites tâches réalisées sur la piste.